Son projet

Le projet politique des candidats, dans le cadre d’une élection qui oppose plusieurs concurrents, constitue pour l’électeur le critère ultime de discernement. Car toute autre qualité personnelle est subordonnée à la promotion et à la diffusion du programme politique au nom duquel le candidat se présente. A cet égard, la clarté de la ligne doctrinale de Bruno Gollnisch est incontestable. Homme brillant, à la stature intellectuelle incontestée et sans doute inégalée au sein de l’appareil, Bruno possède d’excellents atouts qui, révélés par son parcours, lui confèrent une ouverture d’esprit et une clairvoyance doctrinale qui ont fait de lui l’un des principaux artisans du programme frontiste dont il est encore aujourd’hui le responsable. C’est pourquoi, résolument tournés vers l’avenir, et soucieux de porter notre projet bien haut, sans compromis, dans un esprit de continuité et de fidélité à notre idéal, nous accordons naturellement notre confiance à Bruno.

1° le fond

Avec Bruno, nous voulons promouvoir ensemble les valeurs traditionnelles :

– La défense de la famille, socle sur lequel repose notre édifice social : évidemment fondée sur la complémentarité sexuelle et l’accueil de la vie, la famille apparaît comme la cellule de base de la société, assurant sa survie et l’inscrivant dans la pérennité. Elle est encore le cadre dans lequel sont transmis aux enfants les besoins affectifs, moraux, intellectuels et spirituels qui leurs sont nécessaires pour grandir. La loi, qui est ordonnée au bien commun, ne peut être détournée ni confisquée au profit d’intérêts catégoriels : elle a vocation a protégée la famille naturelle parce que le bien commun l’exige.

– La défense de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle : car la poursuite du bien commun repose sur la reconnaissance de la dignité intrinsèque à toute vie humaine et sur le respect intangible de la vie humaine innocente. Par ailleurs, la natalité française ne permettant plus aujourd’hui d’assurer le renouvellement des générations, son insuffisance est compensée par une immigration extra-européenne voulue et attirée par la politique gouvernementale: ainsi la banalisation du recours à l’avortement est un facteur qui contribue à générer sur notre sol une véritable substitution de population et un vrai génocide culturel. C’est l’histoire d’un peuple qui, en laissant mourir ses enfants dans le sein de leur mère, programme son propre suicide…

– La défense du pays réel, c’est-à-dire de la patrie, la terre des pères, qui suscite une affection légitime selon les exigences naturelles de la piété filiale. Réalité à taille humaine dans laquelle s’achève la famille, médiation nécessaire entre l’homme et le monde car elle est à la mesure de l’un et de l’autre, la nation, communauté naturelle d’appartenance, est le cadre le plus performant pour protéger les citoyens et les associer effectivement à la poursuite d’un bien commun qui les concerne directement. C’est au contraire en dépossédant l’homme de son appartenance naturelle à la patrie que le mondialisme le dépourvoit en même temps de toute protection face à la mondialisation.

– La défense de nos traditions, de notre culture et de notre civilisation, contre la colonisation rampante que nous subissons aujourd’hui en France sous la pression d’une immigration massive qui n’adopte pas nos codes culturels, ni ne se plie à nos usages, mais impose sur notre territoire ses propres modes de vie. La France n’est cependant pas un immense terrain vague où toutes les minorités pourraient venir camper à leur guise et revendiquer des intérêts catégoriels : la France, façonnée et pétrie par nos aïeux, est une communauté de destin qui s’enracine dans l’Histoire. Elle fait de nous des héritiers.

– Et à ce titre, notre combat commande la défense des valeurs chrétiennes qui ont profondément imprégné nos mœurs et nos coutumes. Que le christianisme ait pénétré notre tissu social, voilà une évidence dont témoigne en effet notre calendrier, qu’attestent les clochers qui montent vers le ciel ou encore les calvaires aux croisées des chemins qui crient la foi de tout un peuple.

A défaut cependant d’avoir reçu une formation solide, les hommes de notre temps sont bien souvent tributaires de l’idéologie dominante : la pensée libérale.

Dans le modèle sociétal issu de la pensée libérale ne subsistent que l’individu et l’Etat, la société reposant ainsi sur l’individu. Nous pensons, au contraire de ce modèle contractuel, que l’homme est un animal politique, et puisque l’on ne fait pas du social avec de l’individuel, nous pensons encore que la société ne repose pas sur le citoyen, mais sur la famille.

Nous dénonçons également une conception païenne de la nation, qu’un certain nationalisme peut conduire à déifier ou à absolutiser. Nous reconnaissons en effet, au deçà de la nation, l’existence des corps intermédiaires, au premier rang desquels la famille. Au contraire de la pensée libérale qui, récusant le caractère organique de la cité, réduit la nation, dans le sillage des philosophies du contrat social, à une convention reposant sur les volontés individuelles. Et nous reconnaissons, au-delà de la nation, l’existence de principes supérieurs. Alors qu’avec l’émergence de la pensée libérale, la politique s’est émancipée de toute métaphysique, rejetant ainsi l’existence des valeurs universelles et se coupant de toute transcendance. Cette rupture moderne, dont les implications matérialistes et nihilistes sont évidentes, se conjugue parfaitement avec la société de consommation contemporaine à laquelle elle devait inéluctablement aboutir.

Nous pensons encore que la patrie n’est pas une idée, ni un concept, et que l’on ne peut donc pas réduire son identité à des slogans abstraits, comme liberté, égalité ou fraternité. Ce sont là d’ailleurs des valeurs universelles auxquelles tous les pays peuvent souscrire. Alors qu’une identité est par définition particulière. Cependant la patrie, on ne l’a pas dans la tête, on l’a sous les pieds ; elle n’est pas une idéologie, mais une réalité charnelle et tangible qui existe dans ses paysages, sa culture, et son peuple. Qui existe aussi à travers son Histoire : la France n’est pas née en 1789. La citoyenneté ne consiste donc pas simplement dans une adhésion rationnelle à un projet ou à des valeurs: c’est une appartenance filiale, dans tous les sens du terme, qui créé des devoirs civiques. Sans quoi, il nous faudrait accepter la Turquie en Europe pourvu qu’elle adhère aux droits de l’homme, et au mépris de toutes considérations historiques, géographiques ou culturelles.

Nous croyons encore, au contraire de la pensée libérale et matérialiste qui réduit l’homme à n’être qu’un producteur ou un consommateur, que l’homme est un sujet moral et qu’il possède une dimension spirituelle. Nous pensons par conséquent que l’économie doit rester subordonnée à la politique, que la nation n’est pas un sous produit de la propriété privée, ni un simple espace d’échange que les frontières viendraient entraver : récusant ainsi l’avènement d’une société marchande toute entière tournée vers la consommation, nous pensons que l’économie est pour l’homme et qu’elle doit contribuer à son bonheur, mais non pas que l’homme est pour l’économie. Sur cette base, nous restons résolument opposés au travail du dimanche qui, dans une perspective ultralibérale, ne peut être défendu qu’à recours d’arguments économiques, et cela au détriment de la structure du temps social, des besoins humains, familiaux et spirituels : car l’homme ne vit pas que de pain, et il a besoin de poser son sac.

Telles sont les conclusions qui s’imposent lorsque l’on interroge les implications ultimes du programme frontiste.

Aucune de ces conclusions, aucune de ces valeurs ne peut par ailleurs être isolée, marginalisée, ni négociée car elles s’inscrivent toutes dans une même structure de pensée et reposent ensemble sur une certaine vision de l’homme et de la société. Cette vision s’oppose, en dernier ressort, à la pensée libérale qui, finalement, établit l’homme dans un rapport de propriété :

– avec lui-même : « mon corps m’appartient »…l’individu est séparé de son corps et en est rendu propriétaire. Cette grave confusion entre le domaine de « l’être » et le domaine de « l’avoir » accompagne la transformation du corps en propriété privée, c’est-à-dire en marchandise. Dans cet horizon, toute dimension éthique a disparu.

– avec la famille : le mariage, qui était jusque là un don d’amour total et définitif sur lequel reposait la famille, l’équilibre des enfants et celui de la société, est absorbé, dans une perspective individualiste et consumériste qui fait fi de l’intérêt de l’enfant et du bien commun, par le modèle du contrat qui peut logiquement être dissous, ou bien faire l’objet de toutes les expérimentations. L’enfant devient finalement la propriété des parents: il n’est plus un don, il est un dû.

– avec la nation : qui s’identifie donc au marché, dans le ciel duquel toute dimension culturelle voire spirituelle disparaît évidemment.

La culture politique de Bruno Gollnisch correspond exactement à la ligne doctrinale dans laquelle s’inscrit la défense de ces principes fondamentaux de la vie politique: Bruno a en effet définitivement intégré dans son discours la promotion des valeurs traditionelles et des institutions naturelles tant décriées par les apprentis sorciers de toutes obédiences. Sans remettre en cause les qualités indéniables de Marine le Pen, nous sommes néanmoins contraints de reconnaître qu’elle ne possède pas cette culture politique au même degré que Bruno Gollnisch. Ce qui, à défaut d’en faire une héritière qui s’ignore de l’idéologie dominante et de la pensée libérale, la rend du moins plus fragile et plus vulnérable dans la défense de nos idées, face aux assauts menaçants et répétés du politiquement correct. En revanche, la résistance de Bruno Gollnisch à toutes les expressions de la pensée unique, la constance de son combat face à l’hostilité pugnace de l’adversaire, le qualifie davantage, croyons-nous, en ces temps troublés et vides de repères, à la présidence du Front National.

2° la forme

Certains, dont l’épaisseur doctrinale est plus relative, préfèrent cependant, de bonne foi sans doute, déserter le terrain idéologique dès lors qu’ils le pensent définitivement conquis par l’adversaire. Ce faisant, en ne les dénonçant pas, ils cautionnent tacitement certaines idées profondément contraires aux principes sous-jacents au projet politique du Front National. Car qui ne dit mot consent. Nous pensons au contraire qu’il faut reconquérir le terrain doctrinal, porter la contradiction à nos adversaires, introduire le doute dans les milieux gangrénés par le politiquement correct, déstabiliser l’ennemi, bousculer les idées convenues. Car nous croyons que les valeurs que nous portons sont profondément humaines : et qu’il nous est donc possible de les rendre accessibles en réveillant le sens commun des français, endormi par l’idéologie. C’est là toute la différence entre la démagogie et la diplomatie : le démagogue nivelle le discours et cherche à plaire à l’électorat, à flatter l’opinion. Il recherche ainsi le plus petit dénominateur commun en vue du plus grand nombre d’électeurs. Le diplomate au contraire fait venir son interlocuteur sur son terrain, il l’amène à penser comme lui à force d’arguments, de dialectique, de rhétorique, et de persuasion.

Car à force de ne pas exprimer ses idées, à force de les taire, on finit par les abandonner. A force de ne plus oser soutenir ce que l’on croit, on finit par ne plus le croire. Il y a là en effet une pente naturelle : l’expérience nous enseigne que toute modification du discours, en vue de diminuer ou d’atténuer l’expression de notre pensée politique, en vue d’estomper certains fondamentaux, a vocation, après s’être imposée dans l’opinion, à être intégrée dans le programme. Cette tentation de rejoindre l’idéologie dominante est souvent plus séduisante, car elle est bien commode…

Tout en tenant ferme sur le terrain des principes, la politique, qui est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire, nous engage il est vrai, dans la perspective d’un redressement graduel, à tolérer en l’état certains maux. C’est ainsi que le programme du Front, plutôt que d’exiger immédiatement l’abrogation de la loi Veil, propose de relancer une grande politique familiale et nataliste afin de rendre caduque la loi sur l’avortement, et de lui susciter dans le même temps des alternatives. Il reste que nous ne devons pas céder sur les principes en même temps que nous tolérons un mal, il reste que notre discours ne doit pas s’affadir en même temps que nous voulons améliorer la situation, au risque sinon de rendre inutile, en s’interdisant de la justifier, toute dynamique de redressement entreprise.

Nous refusons donc de céder aux chants des sirènes et de sacrifier notre idéal politique sur l’autel de la « communication ». Une telle démarche porte d’ailleurs en elle les germes de la contradiction. Car la communication, par définition, est subordonnée au projet dont elle doit assurer la promotion : elle consiste à rendre accessible notre idéal et à y rallier nos interlocuteurs. Non pas à l’abandonner par démagogie, ni à évoluer sur le terrain idéologique de l’adversaire et à reprendre son argumentation. Cette dernière attitude politique serait d’ailleurs révélatrice de notre incapacité à convaincre avec nos arguments et à gagner sur nos idées. Retourner l’argument de l’adversaire contre lui peut s’avérer, d’un point de vue dialectique, stratégiquement profitable, pourvu que l’on ne finisse pas par penser comme lui. Car c’est une chose de placer son adversaire face à ses propres contradictions, mais cela n’impose pas d’adopter son point de vue, ni de s’identifier à lui. Ainsi, mettre en avant la laïcité pour combattre l’islamisation de la France peut se retourner contre la défense de l’identité nationale, puisque ce concept républicain a été inventé par les francs-maçons, dans un horizon matérialiste qui niait l’existence tout ordre moral ou spirituel, afin de détruire l’identité chrétienne de la France. Nos adversaires peuvent aussi bien, à cette école, dénoncer la culture chrétienne de notre pays, ou encore le caractère ostentatoire de nos clochers et de nos calvaires. La meilleure défense contre l’islamisme, ne serait-ce pas finalement l’affirmation sereine de notre identité chrétienne ?

2 pensées sur “Son projet”

  1. La « défense contre l’islamisme » (dernier paragraphe), signifie t-il de combattre la foi et la pratique (non fondamentaliste) des français musulmans ?

    Si oui, au nom de quelle justice – moi qui suis aussi français que vous par mes origines – devrais je abandonner ma liberté d’adorer mon Seigneur, comme je le crois bon ? Et au nom de quel principe supérieur devrais je supporter qu’on légifère sur la tenue de mon épouse et qu’on me dicte ma conduite, vis à vis des miens ?

    Si non, alors pourquoi parler de « combattre l’islamisation de la France » ?
    Chez les musulmans ne s’islamisent que ceux qui le désirent avec force. Nous ne voulons que des Hommes Libres. N’ayant plus l’intention de recruter de force de jeunes chrétiens pour en faire des (glorieux) janissaires, que proposez-vous de combattre au juste ? Et par pitié ne me parlez pas des « Quicks » qualifiés de halal, qui ne sont qu’une variante musulmane de la contre culture américaine qui se répand partout sur le globe.

    Auriez vous par exemple l’intention d’empêcher par la loi et la force les conversions à l’Islam, à la manière des bolchéviques d’autrefois ?

    Et même, en admettant qu’une « islamisation intégrale » gagnerait la France, en raison de la seule volonté du peuple, que perdriez vous au juste :
    la loi des loges, les comportements déviants édifiés en norme, quelques discothèques branchées de la Capitale, la pratique de l’usure par nos banques (et par la même occasion … quelques banquiers apatrides), les Ni pu… Ni sou….., le Bétar, Fabius et sa clique, les citoyens du monde vivant dans le quartier bobo du Marais, etc.

    Merci de m’éclairer et par avance pardon de mettre fait en quelques sortes: « l’avocat du diable », en vue de vous faire développer votre vision de notre avenir forcément commun, pour le meilleur, comme pour le pire …

    Salutations chaleureuses d’un patriote.

    [modération: la défense de l’identité française passe par la défense de ses valeurs spirituelles dont témoignent le moindre de nos clochers ou de nos calvaires, mais encore le calendrier grégorien qui structure le temps social, et ce faisant par la défense de son modèle culturel. Il s’agit donc d’un enjeu politique, et non personnel comme vous le suggérez en parlant de conversions individuelles. En outre, ces deux civilisations ne sont pas compatibles: l’Islam ne distingue pas la sphère du temporel et celle du spirituel. Une mosquée érigée, c’est un territoire politique conquis.]

  2. j’irais plus loin, nous devons interdire l’Islam en France tant que nos frères Chrétiens en terre d’Islam ne retrouverons pas une totale liberté de pratique.
    Dixit

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