Bruno Gollnisch : «La dédiabolisation résulte naturellement du fait que les Français prendront conscience que nous posons les bonnes questions»

Et si Bruno Gollnisch emportait la présidence du FN ?

Les adhérents du Front National vont bientôt devoir élire un nouveau président. Quelle sera l’avenir de la formation qui avait amené son candidat au second tour de l’élection présidentielle de 2002 ? Que l’on partage ou non les idées du Front National, il faut bien reconnaître que ce parti a le vent en poupe. Les adhérents, ainsi que ceux qui prendront leur carte avant la fin du mois de novembre, pourront voter afin de désigner leur futur président. Bruno Gollnisch, vice président du FN et député européen, était l’invité de Yannick Urrien sur Kernews jeudi 18 novembre 2010 dans le magazine de 8h10.

Bruno Gollnisch reconnaît que cette campagne interne doit se faire proprement : «C’est certain, il y a des frictions qui naissent inéluctablement de la dynamique propre à ce genre de compétition, mais je crois que Marine Le Pen et moi-même sommes très conscients qu’il y a beaucoup plus de choses qui nous réunissent, que de choses qui nous séparent. Et nous n’avons pas l’intention de faire des trous dans la coque du bateau de notre concurrent, parce que c’est aussi notre bateau à nous, et si l’on faisait des trous, on se noierait tous… Donc, en dépit de ces petites difficultés, si nous pouvons mener à bien cette étape, nous aurons réussi à faire la preuve que le Front National aura su créer une structure apte à lui survivre et à sécréter, par ses institutions, de nouveaux dirigeants. Cette preuve de maturité sera extrêmement positive pour les Français».

Dans cet entretien, Bruno Gollnisch évoque évidemment ses propositions. D’abord, il est convaincu que la dédiabolisation interviendra naturellement : «Après les manifestations contre les retraites, j’ai revu un certain nombre de braves Lyonnais, la bourgeoisie lyonnaise que je connais, celle qui me disait il y a quelques années : «Vous n’avez pas tort, mais je ne sais pas pourquoi vous me faites un peu peur…» Maintenant, ils ont d’autres motifs de crainte et ils se rendent compte que nous avons raison. Mais il faut encore persuader beaucoup de Français que nous posons les bonnes questions, comme Fabius l’a reconnu, et que nous apportons des réponses concrètes et cohérentes. Par exemple, la sécurité est un problème considérable qui doit être appréhendé de façon ferme par des mesures énergiques, pas dictatoriales, et cela ne se résoudra pas par quelques effets de manche comme le déplacement des camps de Roms ou la déchéance de la nationalité des doubles nationaux qui auront tué un policier ou un gendarme… Étant entendu que s’ils leur ont seulement cassé les jambes ou crevé les yeux, ils restent d’excellents Français…»

Suppression de l’impôt sur les revenus du travail

Sur le plan économique, Bruno Gollnisch se prononce pour la suppression de l’impôt sur les revenus du travail : «Je ne suis pas un démagogue et l’État a besoin d’argent pour payer les fonctionnaires et les investissements qu’il ne fait plus. Il faut taxer les importations qui nous viennent de pays qui sous-payent les ouvriers et qui font une concurrence déloyale aux nôtres. Il faut rétablir les droits de douane. C’est vrai, le tee-shirt importé de Chine, au lieu de coûter 3 euros, coûtera 15 ou 20 euros. Eh bien, on achètera le tee-shirt français et la mère de famille aura au moins, si son mari est dans l’entreprise textile, le bonheur de savoir qu’il n’est pas au chômage». Clairement, il se prononce pour la TVA sociale : «Je suis pour la taxation des importations et je suis pour la taxation des transactions financières spéculatives. En revanche, je suis pour la détaxation complète des revenus du travail. C’est une vraie réforme fiscale. À travers ces mesures, vous divisez par dix le volume du Code général des impôts qui ne cesse d’augmenter. À travers cela, vous redonnez confiance aux Français et vous redonnez de l’énergie à ceux qui travaillent, à ceux qui triment et à ceux qui risquent leur fric».

Kernews (cliquez pour écouter l’émission)

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