7 réflexions sur « Entretien avec Bruno Gollnisch (11) : En quoi votre critique de l’ultra-libéralisme se distingue-t-elle de la critique marxiste ? »

  1. Dans Le discours sur le libre-échange, ce n’est pas à la 1ere Internationale que s’adresse Marx, mais à l’Association démocratique de Bruxelles lors de sa séance publique du 7 janvier 1848. Après avoir dénoncé l’hypocrisie du discours libre-échangiste Marx conclut :

    « D’ailleurs, le système protectionniste n’est qu’un moyen d’établir chez un peuple la grande industrie, c’est-à-dire de le faire dépendre du marché de l’univers, et du moment qu’on dépend du marché de l’univers on dépend déjà plus ou moins du libre-échange. Outre cela, le système protecteur contribue à développer la libre concurrence dans l’intérieur d’un pays. C’est pourquoi nous voyons que dans les pays où la bourgeoisie commence à se faire valoir comme classe, en Allemagne, par exemple, elle fait de grands efforts pour avoir des droits protecteurs. Ce sont pour elle des armes contre la féodalité et contre le gouvernement absolu, c’est pour elle un moyen de concentrer ses forces, de réaliser le libre-échange dans l’intérieur du même pays.

    Mais en général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l’extrême l’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C’est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange. »

    Si Marx parle bien de la dissolution des anciennes nationalité et de l’exacerbation des antagonismes de classe, nulle part dans ce texte il n’est question de solidarités familiales. M. Gollnisch semble citer de mémoire et peut-être qu’il en rajoute un peu car cela lui semble évident.

    J’ai ouvert le testament de Marx et je n’y ai lu que deux mots : « Lisez-moi ».

    http://leuven.pagesperso-orange.fr/disco01.htm#n1

  2. Donc: une réflexion de ma part:

    Oui, mais n’avons pas tendance à trop mettre la pensée marxiste d’alors -d’une époque totalement différente- à nos conditions industrielles – commerciales et la mondialisation actuelle ?

    A l’époque du marxisme, la « bourgeoisie » était une réelle « bourgeoisie ». Celle qui disposait de la majeure partie de la société qui elle-même était placée dans des conditions plus que misérables. Souvenons-nous du film: germinal, les enfants envoyés dans les mines dès leurs plus jeunes âges et où pour un peu plus de sécurité, on a fini par tirer sur des femmes et des enfants, et à une époque où les gens ne se déplaçaient pas aussi facilement que de nos jours.

    N’y avait-il pas, non plus, plus d’équilibre économiques entre les Nations. Celle qui s’est aggravée encore été plus grandes depuis les décolonisations, cf: l’Algérie était bien plus riche juste après sa « départementalisation » que dans les décennies qui l’ont suivi.

    Quant à l’outil-machine ne tombe-t’on pas dans une époque où le travail, la vie même, n’étaient pas à la même hauteur que nos conditions sociales de nos jours. Une vie d’un ouvrier ne valait quasiment rien à l’époque. En fait pas plus que celle d’un ouvrier chinois qui, pour dormir, vit actuellement dans des « cages à poules ».

    En voulant extrapoler les choses, mettre le marxisme d’alors à nos conditions de nos jours, est-ce si futile ? Je crois en ce qui me concerne que le marxisme devrait tout simplement être réécrit, réinventé. Peut-être que l’alter-nationalisme en est tout simplement sa réponse. A voir.

    Je reste de droite, mais d’une droite sociale.

  3. Plus que misérables ? La révolution industrielle a correspondu à un accroissement démographique, spectaculaire, preuve que les gens pouvaient se nourrir. De là à considérer comme un progrès le déracinement dans les taudis des villes des nouveaux ouvriers anciennement paysans, il y a un pas que je franchirai pas.

  4. M. Jacques,

    Le monde dans lequel on vit est bien celui de Marx et de Balzac. Tous les deux, à la même époque, on vu et décrit le même phénomène. Celui de l’argent-roi qui va remplacer toute autre autorité pré-établie.

    « Qu’est-ce que la France en 1840 ? un pays occupé d’intérêts matériels, sans patriotisme, sans conscience, où l’argent domine tout, où l’individu dévore tout, même la nation que l’égoïsme livrera un jour à l’invasion. » (Balzac)

    « L’argent est la vraie communauté » (Marx 1857).

    D’ailleurs le monarchiste légitimiste et catholique Balzac était très apprécié par les révolutionnaires Marx et Engels, et pour cause.

  5. @Papy Brossard,
    N’oublions pas que dans les 1840, un enfant pouvait être vendu ou acheté, en Grande-Bretagne par exemple, que pour la somme de 12 livres sterling…
    Bien que la Reine Victoria a très certainement la première personne à vouloir limiter le travail des enfants.

    « La révolution industrielle a correspondu à un accroissement démographique, spectaculaire »

    Je doute fort que le fait de pouvoir des-ses enfants ait un quelconque rapport avec un quelconque accroissement démographique. Pour exemple, je ne prendrais que ce qu’il se passe en Afrique.

    @Le Strasbourgeois,
    Je ne confonds pas la bourgeoisie du XIX siècle, faite par l’argent et laquelle s’est d’ailleurs démarquée de la noblesse, allant jusqu’à vouloir la remplacer. Ce sont les communistes qui n’y vont aucune différence. Cela notamment avec l’assassinat du Tsar Nicolas II, ainsi que de sa famille.

  6. Je ne parlais pas de la perfide Albion, mais de la France. Le reste de votre réponse n’est pas compréhensible.

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