Bruno Gollnisch : « Je crois en ma victoire, je crois que je suis meilleur que Marine Le Pen »

Les partisans de Bruno Gollnisch en sont persuadés. Il y a un « frémissement » en faveur de leur favori dans la campagne interne au Front national (FN). Près de trois mois avant le congrès de Tours (15 et 16 janvier 2011) qui départagera Bruno Gollnisch et Marine Le Pen pour succéder à Jean-Marie Le Pen à la tête du parti, la candidature du dauphin éternel semble connaître une certaine progression.

Alors qu’au début de la campagne interne, Bruno Gollnisch paraissait manquer de motivation, les dernières semaines ont vu un changement perceptible dans l’attitude du vice-président du FN. Plus accrocheur, M. Gollnisch se prend même à rêver d’une issue favorable à sa campagne. « Je crois en ma victoire, je crois que je suis meilleur que Marine Le Pen », confie-t-il aux journalistes, même s’il concède que « rien n’est joué ».

Pourtant, M. Gollnisch part avec de sérieux handicaps. Un manque de notoriété médiatique, et l’appareil du FN contre lui : la grande majorité des cadres et des élus régionaux frontistes soutiennent Mme Le Pen. Pis, le président depuis presque quarante ans du FN, Jean-Marie Le Pen, a pris fait et cause pour la candidature de sa fille, ne renonçant devant aucune pique pour discréditer celle de M. Gollnisch.

Tous ces éléments ne découragent pas les adversaires de Mme Le Pen. L’appareil est avec elle ? Peu importe, eux jouent « la base ». Et font valoir qu’il y a une différence entre « le Front légal et le Front réel », reprenant la terminologie maurassienne de « pays légal, pays réel ». Le slogan sur les affiches de M. Gollnisch est clair : « Créez la surprise ».

Il est vrai que M. Gollnisch est toujours très populaire auprès de la base du parti. Ainsi, dimanche 3 octobre, à la fête régionale de la fédération d’Aquitaine (acquise à sa cause), M. Gollnisch a réuni environ 300 militants et sympathisants – plutôt âgés, une dizaine seulement de « jeunes avec Gollnisch » étaient présents -, dans un château, propriété de deux militantes. Et s’est offert, après le déjeuner, une standing ovation après l’heure et demie de questions (écrites)-réponses avec la salle. « Je suis un homme de terrain, j’ai dirigé une grosse fédération du Front. Les militants le savent », affirme M. Gollnisch. « Un beau succès, du jamais-vu depuis plusieurs années », assure Jacques Colombier, responsable de la fédération d’Aquitaine et un des directeurs de la campagne interne de M. Gollnisch.

« Il y a des adhésions »

M. Gollnisch n’est pas le seul à afficher complet lors de ses réunions. A chacun de ses déplacements, Mme Le Pen aussi fait salle comble. Comme à Cuers, dans le Var, début septembre, où 400 militants étaient venus assister au dîner-débat de la benjamine de la famille Le Pen.

« C’est le côté positif du congrès, ça redynamise, il y a des adhésions, explique Yvan Benedetti, coordinateur (officieux) de la campagne Gollnisch. Sa candidature répond à une attente. Marine Le Pen me fait penser à Olivier Besancenot. Il a été la coqueluche des médias, il pensait élargir sa base en créant le Nouveau Parti anticapitaliste et au final, il a liquidé un parti historique (la Ligue communiste révolutionnaire) et n’a pas eu son élargissement. »

Les militants présents à Loupiac, en grande partie des pro-Gollnisch, reconnaissent à leur champion sa « loyauté », sa « sérénité ». Et surtout, dans cette fédération assez marquée par le catholicisme traditionnel, les frontistes apprécient que le vice-président du FN représente « la frange authentique » du parti, « garant de l’identité du Front ».

Chez les rares supporteurs de Mme Le Pen qui avaient fait le déplacement à la fête, on notait un certain manque de fair-play. Comme ce « mariniste » qui, malgré l’affluence, estimait que « ce n’est pas un sans-faute, il y a quelques ratés et quelques absences ».

En tout cas, une idée germe de plus en plus à la base du FN : celle d’un « ticket » Gollnisch-Le Pen, où le premier serait président du parti, et la seconde candidate à l’élection présidentielle de 2012. Une hypothèse que Mme Le Pen a encore rejetée avec force vendredi 1er octobre devant les militants des Yvelines, à Versailles. Bruno Gollnisch, lui, « n’exclut rien ». Et espère, surtout, inverser les pronostics.

Abel Mestre,
(article à paraître dans le Monde, cet après-midi)

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