FN: la campagne pour la succession vire à l’aigre

FN : LA CAMPAGNE POUR LA SUCCESSION VIRE A L’AIGRE
samedi 9 octobre 2010, par Pierre Picace


FN – Le Pen – Mégret – Union des Patriotes 2007
envoyé par xxx000xxx. – L’info internationale vidéo.

Ça chauffait depuis un certain temps déjà. L’insistance douteuse avec laquelle les partisans de Marine Le Pen demandaient à Bruno Gollnisch de “clarifier” sa position vis-à-vis des “dissidents” du FN laissait entrevoir le chemin que pourrait emprunter la campagne de succession de Jean-Marie Le Pen. La rapidité avec laquelle, les partisans de la vice-présidente sont montés aux créneaux pour “s’étonner” des propos de celui-ci sur LCI ne font que confirmer cette impression.

Bruno Gollnisch n’ayant jamais fait mystère de son intention de rassembler, si cela est possible, les diverses sensibilités de la Droite nationale y compris les souverainistes, il est surprenant de constater la levée de boucliers suscitée par la perspective de voir peut être à terme un rapprochement avec ceux qui ont quitté le FN ces dernières années. Sauf bien sûr, si l’on a le mauvais esprit de penser qu’il s’agit seulement d’un prétexte pour déconsidérer aux yeux des adhérents un rival qui s’avère plus dangereux que prévu.

Et pourtant l’exemple vient d’en haut…
Le président du Front national Jean-Marie Le Pen a jugé vendredi « inconcevable » le retour des « dissidents » du parti. Selon lui « Bruno passe sous silence l’un des aspects pour moi fondamentaux de la politique, à savoir la morale. Les gens qui nous ont quittés n’ont pas rompu sur des questions politiques proprement dites. Ils ont fait des actes de trahison puisqu’ils se sont présenté contre nos listes aux élections » et « qu’ils ont même provoqué l’échec de certains de nos candidats ».

Une exigence morale dont Jean-Marie Le Pen sait s’affranchir “dans l’intérêt du pays (…) et l’amour de la patrie“ en recevant chez lui à Montretout en 2007, Bruno Mégret afin de nouer une “Union patriotique” et obtenir les parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle.

Et que dire du staff “nordiste” de Marine Le Pen presque exclusivement constitué par des “félons” de 1998. Le dernier arrivé, Nicolas Bay, aujourd’hui conseiller régional de Haute-Normandie sous l’étiquette FN, n’était-il pas candidat MNR aux élections régionales de 2004 en Ile-de-France contre Marine Le Pen ? Un malheureux trou de mémoire sans aucun doute, surtout que le candidat Bay à l’époque n’avait pas assez de mots pour dénoncer le népotisme de la famille Le Pen, ni le “vide doctrinal sidéral” de sa nouvelle idole…

Pour dégonfler la polémique naissante Bruno Gollnisch a publié sur son site une mise au point dans laquelle, il recadre ses propos tenus sur l’antenne de LCI. Mais signe, que les partisans de Marine Le Pen n’ont pas l’intention de “lâcher”, la mise au point n’a pas été relayée par le site d’information du FN qui a préféré mettre en ligne les réactions “inquiètes” de cinq fidèles de la vice-présidente. La compétition qui devait être loyale tourne de plus en plus à l’affrontement où tout les mauvais coups sont permis et Bruno Gollnisch devrait se souvenir que Marine Le Pen, pour parvenir à ses fins, ne craint pas l’affrontement, bien au contraire ! Elle l’a amplement prouvé ces dernières années en éliminant tous ses adversaires y compris parfois en prenant le risque de mettre en péril la fameuse “unité du mouvement”.

article paru dans National Hebdo

Tensions au FN autour de la question des dissidents

« Bruno Gollnisch veut rassembler l’extrême-droite, moi, je veux rassembler les Français »

C’est par cette formule lapidaire que Marine Le Pen cherche à expliquer sa différence de stratégie avec Bruno Gollnisch, son concurrent à la présidence du Front National. Une formule qui résume à elle toute seule les atouts et les faiblesses de la nouvelle égérie du Front National, qui part favorite dans le cadre de la succession de Jean-Marie Le Pen. Car si sa médiatisation et son discours à tonalité très sociale lui ont permis d’attirer un électorat plutôt ancré à gauche, elle n’a jamais réussi réellement à convaincre l’électorat plus traditionnel du Front national, rassemblé pendant des décennies derrière Jean-Marie Le Pen. Ce dernier avait en effet réussi l’exploit inédit de réunir au sein d’un même parti politique toutes les chapelles traditionnelles de l’extrême droite, royalistes et républicains, catholiques traditionnalistes et païens, européistes identitaires et nationalistes jacobins, jusque là divisés. L’utilisation du terme « extrême droite » par Marine Le Pen, terme habituellement décrié par ceux-là même qui se revendiquent avant tout de « droite nationale », n’est pas un hasard et révèle son intention : marginaliser Bruno Gollnisch dont elle sait qu’il possède contacts et réseaux importants, en diabolisant ses soutiens. Or Marine Le Pen sait bien qu’elle doit en grande partie son avance qu’au départ de cadres historiques s’opposant à sa personne, qu’elle n’a eu qu’à remplacer par ses proches.

« Avec moi, ils ne reviendront pas », clame-t-elle sans ciller juste après avoir souhaité  » rassembler toutes les volontés « .  » ils « , ce sont les anciens du Front National, du mouvement national républicain de Bruno Mégret ou du parti de la France de Carl Lang, dont elle a la hantise qu’ils reviennent adhérer en masse en faveur de son concurrent. Elle dénonce depuis quelques temps ce qui s’apparente selon elle une  » opération d’entrisme.  » « L’objectif est de voler aux adhérents du Front national la possibilité qu’ils ont de choisir leur avenir » affirme-t-elle à l’AFP. Une accusation totalement infondée selon Carl Lang , qui en profite pour dénoncer « la paranoïa » de l’héritière. Pour contrer cette offensive, Marine Le Pen n’a pas hésité à mettre en ligne un « CV » ou tout nouvel adhérent doit attester « sur l’honneur » de son parcours politique, au risque de voir son adhésion refusée au gré de ses anciennes allégeances.

Pour Bruno Gollnisch en revanche, « le pardon des offenses est moralement souhaitable et peut-être politiquement utile ». Face aux sollicitations de Marine le Pen de s’expliquer, il répond, placide:

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Agenda du mois d’octobre de Bruno Gollnisch

Mardi 5 octobre 2010
A 7h10 : Bruno Gollnisch sera l’invité d’Hubert Huertas sur France Culture

Mercredi 6 et Jeudi 7 Octobre 2010
Bruno Gollnisch sera à la session du Parlement européen à Bruxelles

Vendredi 8 octobre 2010
A 8h10 : Bruno Gollnisch sera l’invité de Christophe Barbier sur LCI.

Lundi 11 octobre 2010
• Bruno Gollnisch sera en déplacement dans le Loiret (45) à la rencontre des adhérents et sympathisants. Renseignements au 06.12.60.21.64
• 19h00 : Bruno Gollnisch sera l’invité du journal de France 3 Centre.

Mardi 12 octobre 2010
• A 12h15 : Bruno Gollnisch animera un déjeuner débat dans le Cher (18). Renseignements au 06.62.19.17.32.
• A 19h15 : Bruno Gollnisch animera un dîner débat en Auvergne, à Clermont-Ferrand. Renseignements au 06.89.15.47.94.

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Bruno Gollnisch : « Je crois en ma victoire, je crois que je suis meilleur que Marine Le Pen »

Les partisans de Bruno Gollnisch en sont persuadés. Il y a un « frémissement » en faveur de leur favori dans la campagne interne au Front national (FN). Près de trois mois avant le congrès de Tours (15 et 16 janvier 2011) qui départagera Bruno Gollnisch et Marine Le Pen pour succéder à Jean-Marie Le Pen à la tête du parti, la candidature du dauphin éternel semble connaître une certaine progression.

Alors qu’au début de la campagne interne, Bruno Gollnisch paraissait manquer de motivation, les dernières semaines ont vu un changement perceptible dans l’attitude du vice-président du FN. Plus accrocheur, M. Gollnisch se prend même à rêver d’une issue favorable à sa campagne. « Je crois en ma victoire, je crois que je suis meilleur que Marine Le Pen », confie-t-il aux journalistes, même s’il concède que « rien n’est joué ».

Pourtant, M. Gollnisch part avec de sérieux handicaps. Un manque de notoriété médiatique, et l’appareil du FN contre lui : la grande majorité des cadres et des élus régionaux frontistes soutiennent Mme Le Pen. Pis, le président depuis presque quarante ans du FN, Jean-Marie Le Pen, a pris fait et cause pour la candidature de sa fille, ne renonçant devant aucune pique pour discréditer celle de M. Gollnisch.

Tous ces éléments ne découragent pas les adversaires de Mme Le Pen. L’appareil est avec elle ? Peu importe, eux jouent « la base ». Et font valoir qu’il y a une différence entre « le Front légal et le Front réel », reprenant la terminologie maurassienne de « pays légal, pays réel ». Le slogan sur les affiches de M. Gollnisch est clair : « Créez la surprise ».

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Face aux Le Pen, l’ « outsider » Gollnisch veut faire mentir les apparences

LOUPIAC — Face aux Le Pen père et fille, unis pour garder les rênes du Front national (FN), « l’outsider » Bruno Gollnisch mène sa campagne interne sans le soutien de l’appareil, mais il compte sur sa popularité chez les adhérents pour combler ses handicaps.

« J’ai extrêmement peu de moyens au sein de l’appareil central », reconnaît le vice-président du FN, dont la candidature a été parrainée par 30 secrétaires départementaux du parti, contre 68 pour sa rivale.

« Beaucoup de ceux qui me soutenaient sont partis » au gré des dissidences, souligne-t-il aussi pour expliquer qu’une large majorité d’élus frontistes soutiennent Marine Le Pen, à commencer par le premier d’entre eux, Jean-Marie Le Pen.

Mais cet appui visible du chef aurait été « mal ressenti par un certain nombre d’adhérents », note Jacques Colombier, l’un des rares secrétaires régionaux (Aquitaine) du FN soutenant Bruno Gollnisch.

Ainsi, malgré des apparences défavorables, dont un déficit de notoriété médiatique sur sa rivale, « l’outsider » assure qu’il peut « créer la surprise », comme le disent ses affiches de campagne.

Sur le terrain, sa popularité semble en tout cas intacte, comme à Loupiac (Gironde), où 300 sympathisants sont venus l’applaudir dimanche, dans une région où le FN est peu implanté. Signe que rien n’est laissé au hasard dans cette campagne, des soutiens de Marine Le Pen avaient relativisé la portée de ce chiffre avant même la réunion.

Dans le vignoble bordelais, devant une assistance composée majoritairement de personnes âgées, Bruno Gollnisch a cultivé son image de « petit provincial » mais le député européen âgé de 60 ans a surtout mis en avant sa « loyauté » au FN, où il est entré en 1983.

« Je n’ai jamais laissé tomber (Jean-Marie) Le Pen, même quand on trouvait que ses propos, y compris dans nos rangs, étaient trop ceci ou pas assez cela », a-t-il lancé, dans une allusion à Marine Le Pen qui a parfois pris ses distances avec les dérapages de son père sur la Seconde guerre mondiale.

S’il ne rejette pas la « dédiabolisation » du parti, sujet en débat depuis des années au FN, il n’en fait pas une priorité et clame qu' »il ne faut en tout cas pas (se) soumettre au discours » des « adversaires » ni « courber l’échine ».

Chez certains sympathisants, ce genre d’argument peut faire mouche.

« Marine sait s’adresser aux gens, c’est vrai, mais dans l’image qu’elle donne elle se démarque trop de la ligne. Je fais confiance à Bruno pour être garant des fondamentaux du FN », a expliqué à l’AFP Stéphane Fossé, un adhérent de 41 ans.

Policier à la retraite âgé de 58 ans, Robert Mercadier ne s’est pas encore décidé entre l’un et l’autre, mais il verrait bien les deux concurrents former un « tandem », avec Bruno Gollnisch à la tête du parti et Marine Le Pen candidate à la présidentielle de 2012, « parce qu’elle passe mieux dans les médias ».

Régulièrement évoqué par les adhérents, un tel partage des rôles n’est pas du goût de Marine Le Pen. Selon elle, le vote pour le ou la future président(e) du parti (le vainqueur sera proclamé au congrès de Tours en janvier 2011) désignera du même coup le candidat à l’Elysée.

« Je ne confonds pas les échéances », prévient au contraire Bruno Gollnisch, qui ne ferme pas la porte à une répartition des tâches.

Andrea BAMBINO (AFP)